Recherches

Mieux évaluer le risque grâce à la génétique

Le BIVB finance des travaux portés par l’INRA de Bordeaux dont l’objectif est de connaitre l’origine des foyers de Flavescence Dorée et d’évaluer le risque épidémique dans le vignoble bourguignon. Les études de génotypage ont permis de mettre en évidence que les principaux foyers ainsi que près de 50 % des cas de pieds isolés correspondent au génotype de phytoplasme le plus répandu en Europe, introduit en Bourgogne par l'intermédiaire de bois contaminés puis propagé par la cicadelle de la Flavescence dorée. Pour les autres cas isolés, des génotypes atypiques du phytoplasme ont été identifiés qui proviendraient de plantes sauvages environnantes.

Des collectes et des piégeages ont lieu dans la région afin d'identifier les insectes responsables du transfert entre ces plantes et la vigne, dont la fréquence est très faible. Une fois transférés, certains de ces génotypes ont un risque de propagation entre pieds de vignes limité, pour d'autres, l'évaluation est en cours.

Ces résultats, obtenus avec l'aide de différents acteurs de la lutte contre la maladie (responsables techniques, conseillers viticoles et vignerons) ont concouru à la mise en place de zones expérimentales à zéro traitement, lors de précédentes campagnes, malgré la détection et l’arrachage récents de ces pieds contaminés.

Retrouvez dans ce webinaire les derniers résultats de ce projet ainsi que d'autres projets en cours sur la Flavescence dorée (2 juin 2021)

Alléger la prospection grâce à la technologie

Intensifier la prospection et son efficacité peut passer par le perfectionnement et l’intégration de solutions faisant appel à l’imagerie et aux nouvelles technologies avec des capteurs autonomes ou embarqués (drone, capteur embarqué, avion), en mettant autour de la table des entreprises, start-up, équipes de recherche spécialisées dans l’imagerie, l’intelligence artificielle (IA) et le machinisme afin de coconstruire les protocoles et méthodes pour développer des outils opérationnels au vignoble et répondant aux enjeux de temps, de coût et d’efficacité de la détection.

Plusieurs pistes techniques sont envisagées depuis plusieurs années pour détecter la flavescence dorée. Celle étudiée par le projet DAMAV (AgroSupDijon) par exemple consiste à identifier une longueur d’onde précise spécifique de la flavescence dorée. Bien qu’encourageant en termes d’efficacité de la détection, ce système est loin de pouvoir être appliqué au terrain à ce stade. Certaines équipes ou entreprises choisissent l’imagerie visible complétée par l’infrarouge. La piste choisie par le BIVB et ses partenaires actuellement est celle de l’intelligence artificielle avec de l’imagerie visible. Les images captées sont évaluées par l’œil de l’expert et l’intelligence artificielle reproduit à l’infini ce que l’œil humain lui a appris sur un ensemble d’images.

Plusieurs échelles sont aussi envisagées : celle du « cep à cep » que privilégie la Bourgogne ou celle du « dégrossissage » pour orienter les prospections notamment quand elles ne sont pas exhaustives, piste privilégiée dans les vignobles du sud de la France. Plusieurs outils peuvent donc être sélectionnés, de l’avion à la caméra embarquée en passant par le drone. Les essais menés en 2020 en Bourgogne nous ont montré que la qualité de l’image était primordiale dans nos vignobles où de nombreux symptômes peuvent côtoyer ceux de la flavescence dorée, c’est pourquoi la caméra embarquée haute résolution a été choisie pour 2021. La caméra embarquée dans le rang permet aussi dans le cas de la flavescence dorée d’identifier l’ensemble des symptômes : port des rameaux, aoutement, dessèchement de la rafle etc. La piste drone continue d’être investiguée sur une zone du vignoble peu symptomatique.

Optimiser l’efficacité des traitements grâce à la modélisation

Les dates d’interventions sont fixées par la DRAAF sur la base d’observations de terrain parfois difficiles, notamment dans les vignobles assujettis à la lutte obligatoire depuis plusieurs années et sur une région administrative dont les situations climatiques sont parfois contrastées. Des travaux sont justement en cours dans le cadre d’un projet national financé par FranceAgriMer, porté par le BIVB, qui regroupe 17 partenaires dans toutes la France (dont l’IFV, BioBourgogne et les trois Chambres d’Agriculture de Bourgogne). L’objectif est de parvenir à une définition plus optimale des dates d’intervention en permettant leur déclinaison sur différents vignobles d’une même région administrative.

La lutte contre le vecteur en viticulture biologique est également travaillée dans un second axe, pour essayer d’encadrer l’utilisation de pyrèthres naturels par la rédaction d’une synthèse des bonnes pratiques d’application.

Le BIVB est porteur d’un projet national FranceAgriMer sur la Flavescence Dorée impliquant de nombreux organismes techniques de différentes régions dont le BIVB, le Vinipôle Sud Bourgogne, BioBourgogne ainsi que les Chambres d’Agriculture de Côte-d’Or et de l’Yonne pour la Bourgogne. Une étude a ainsi été réalisée sur l’utilisation du Pyrèthre naturel (substance autorisée pour la viticulture biologique) dans le cadre de la lutte insecticide contre la cicadelle de la Flavescence Dorée. Ce produit de faible rémanence doit être appliqué de façon ciblée sur les larves. Malgré une efficacité élevée, des résultats irréguliers sont observés sur le terrain. Afin d’optimiser l’efficacité, différents programmes de traitements ont été testés en faisant varier le nombre et le positionnement des applications (17 essais à travers la France en 2015 et 2016). Ces travaux montrent notamment qu’un traitement unique au Pyrèthre naturel est le moins efficace quel que soit le positionnement de l’application. En moyenne, l’efficacité du Pyrèthre naturel reste toujours inférieure à celle de la référence chimique. Une réduction du nombre de traitement au Pyrèthre naturel est envisageable seulement si des comptages larvaires sont réalisés après application, avec un renouvellement de traitement si l’efficacité est insuffisante. C’est la stratégie mise en œuvre en Bourgogne pour le traitement conditionnel dans le cas des zones en 2-1 ou 3-1 traitements. 

Synthèse du projet FAM : lutte contre la cicadelle de la Flavescence Dorée avec le Pyrèthre naturel - mars 2017